Distinctions


Prix de la Culture de la Ville de Porrentruy - 2004

MC de l’année - Romandie Hip-Hop Awards - 2008

Texte de l’année «Qu’ils m’entendent» - Reprezent Awards 2011

Texte de l’année «30» - Reprezent Awards 2012

Présentation par Bernard Bédat, auteur jurassien.


Un auditeur bouleversé devant son Mac, l'œil égaré au-dessus de son écran, immobilise sa souris dans le même temps qu’il salue l'hébergeur de lui avoir offert Sim's (au cœur de son œuvre. Il ne sait pas encore s'il a rencontré un musicien, un chanteur, un poète, un écrivain. Il sait cependant, à l'instant même, qu'à travers son écran, il vient d’entendre un poème dit comme jamais – même si, jadis, il avait enfoui précipitamment NTM (Nique ta mère) dans les champs profonds de sa conscience –, il a reçu, ce matin-là, Qu'ils m'entendent, une injonction taillée par Sim’s dans des vers d'une rare intensité, scandée dans un univers sonore éblouissant. Le poème, comme par effraction, vous habite alors longuement.


Art vocal, art oratoire ?

L’auditeur n’est familier ni du rap ni du slam. Il se souvient du temps où la poésie était lue dans le silence de son salon, aux champs ou à la plage, on allait voir si la rose…. Puis vint avec le Forgeron ou Une saison en enfer de Rimbaud et surtout avec les poètes de la résistance, une poésie portée sur les tréteaux, dite à voix forte ou chantée par des interprètes inspiré(e)s. Aujourd'hui, ce jeune rappeur scande sa violence sur un fond musical qui n'est pas simple faire-valoir rythmique mais espace musical dans lequel il slame ses espérances autant que ses véhémentes dénonciations. Sim’s est loin des clichés sur les banlieues, la rue, les abandons, les désaxés : il ne fait pas table rase, mais presque, car, dit-il, « de nos enfances, il reste la chaleur, il reste le meilleur, le goût, les couleurs, il reste les surprises et les valeurs, celles qu'il faudra chercher au prix de tes frayeurs, il reste les lueurs… »


Sim’S rappe pour s’initier à sortir du chaos du monde, pour se constituer une conscience nouvelle.


Dans un monde où il étouffe derrière des barbelés dressés arbitrairement entre ses contemporains, il fuit ceux qui ont des certitudes car la bêtise ne les épargne pas : « …Ceux qui s'écoutent parler n'entendent plus le silence, les réponses qu'ils apportent, ne font pas résonnance… Les gens qui ont des certitudes ne posent pas de questions, ils te donnent les réponses, comme on donne l'oraison. »

On sent qu’il est dans l’urgence de dire ces choses, il est habité par la nécessité de les clamer haut et fort : ses vers font irruption, se précipitent. Les mots dévalent, se bousculent, rythment et harcellent la pensée, ils explosent et se frayent un passage pour être entendus. Sa plume, vive, incisive, impatiente, saisit le temps qui court, elle n'a pas de temps à perdre ; et s’il se laisse gagner par les assonances, des images flamboyantes débordent aussitôt de toutes parts, donnant au réel une dimension poétique fascinante ; ainsi, quand il note, volontaire : « …Nous ramassons ce qu'ont semé nos peines, reprendre goût à l'heure de floraison, rester debout après les mauvaises saisons, reprendre possession, revoir le ciel après l'orage… » Revoir le ciel après l’orage : autonomie, liberté, il est temps !


Scansion, rythme : le temps presse.


Il faut prêter l'oreille, suivre le poète sur scène comme on suit une boule de flipper, se laisser chambouler par l’apparition d’images pénétrantes ; ainsi, pour revoir le ciel après l’orage, il fonce tout droit, pour voir ce qu'il advient… jamais ne rien lâcher, on ne vend pas du rêve, on le vole à l'arraché. Les images qu’il se dessine sont moins brutales qu’inattendues. Sim’S ne scande pas ses réflexions le poing levé, il n’agite pas de carte partisane, n’a pas de cœur à la malveillance, à l’aigreur, à la rancœur ou à la détestation : il dénonce par le verbe, arme des seigneurs, en refusant de se valoriser comme Narcisse, tombé amoureux de son reflet dans l’eau : « …Pleure, pleure devant ton reflet, il est seul criminel… Pleure, chiale seulement les regrets, regarde [Narcisse] sombrer, ne  lui laisse pas le choix, ne lui laisse pas le temps, ne le laisse pas devant. Il témoigne, il n’accable pas, et, s’il se plaint, il ne voue pas ses contemporains aux gémonies : il n’a pas affûté ses griffes pour cela. Il scrute les hideuses réalités sociales du monde contemporain, s’en éloigne et ne se retourne pas : « Si c’est l’heure du grand ménage, ferme les yeux, vise le large ». Sa détermination est sans limite : « Persister, à chaque obstacle grandir, on avance malgré eux, on ne sait pas ralentir. »





S’engageant dans des causes diverses comme la violence conjugale dans le projet «Jamais Deux», exaltant sa colère face aux initiatives populaires de l’UDC dans «Qu‘ils m’entendent» ou plus récemment en signant sa première pièce de Théâtre «Mieux Demain», Sim’s s’amuse avec les mots, avec les frontières.


CHALEUR TOUR 2014

23.05 : Vernissage SAS Delémont

29.05 : Francomanias Bulle

07.06 : Porrentruy

14.06 : Bellelay

16.08 : Rock’oz Arènes Avenches

21.08 : Venoge Festival

19.09 : Amalgame Yverdon

26.09 : Parenthèse Nyon

24.10 : Bar King Neuchâtel

21.11 : Moutier - Pantographe

22.11 : Delémont - Croisée

13.12 : Vevey - Bout du monde (trio)


CHALEUR TOUR 2015

15.01 : Harambee - Gryon (VS)

24.01 : Casino Montbenon - Lausanne

07.02 : Fest'Hiver - Lausanne (VD)

22.05 : Glucose Festival - Riaz (FR)

23.05 : Fimu - Belfort (FRANCE)

29.05 : Tanneries - Sion (VS) (TRIO)

30.05 : Fully Bouge - Fully (VS)

04.06 : Monde de couleurs Porrentruy (JU)

18.06 : FestivaLocal - Vevey (VD)

27.06 : Rock am Wind - Les Bioux (VD)

10.07 : Festicheyres - Cheyres (FR)

11.07 : Aero FEstival - Porrentruy (JU)

26.07 : Paléo Festival - Nyon (VD)